Cyclismag, le cyclisme à visage humain : magazine du cyclisme
  Créer un compte Utilisateur      Connexion      Accueil      Best of   
 
  Sondage
A quoi vous fait penser le nouveau maillot de leader de la Vuelta ?
-Une blague d'ASO aux Espagnols
-Une éclaboussure de bouse de taureau andalou
-Une projection de goudron fondu par la moto de J.R. Godart
-Il changera encore l'an prochain

Anciens Sondages

  • Votes : 808
  •  
      La Lettre

    Votre adresse E-mail

    Abonnez-vous, c'est gratuit !
     
      Partenaires








     
    Paris-Nice : Des signes encourageants

    Posté le Mercredi 19 mars 2008 @ 20:03:45

    Paris-Nice, remporté dimanche par Davide Rebellin, aura été marqué par des baisses de puissance pour tous les coureurs en fin des cols de la Croix de Chaubouret et du Ventoux. Un an après les 500 watts développés par Alberto Contador dans le Col d’Eze, une certaine logique a été retrouvée durant la semaine.




    Collaboration de Frédéric Portoleau


    Cette année, le profil de Paris-Nice était particulièrement vallonné avec trois étapes de montagne et le retour du Mont Ventoux par son côté nord. Nous avons choisi d'analyser les montées du col de la Croix de Chaubouret (3e étape) et celle du Mont Serein (4e étape Mont Ventoux, versant Nord).

    3e étape, Fleurie - Saint-Étienne, 165.5 km

    La Croix de Chaubouret (1201m) escaladée sur la fin de l'étape de Saint-Étienne a une longueur de 14.5 km depuis Saint-Chamond. Les temps sont enregistrés à partir du barrage de la Rive. La première partie du col présente des pourcentages trop faibles, inférieurs à 5%, pour estimer la puissance.

    LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES



    Les faits marquants :

    Chavanel et Kreuziger ont gravi la Croix de Chaubouret depuis le barrage de La Rive en 26min35s. Au niveau du chronomètre, ils égalent la performance de Landis et Vila qui date de 2006. (Voir ici notre précédent fait du jour) Cette année, les conditions étaient meilleures avec un vent favorable prononcé dans la partie dégagée du col vers le village de La Valla en Gier.
    Chavanel, Cunego et Kreuziger ont marqué le pas dans les derniers kilomètres de montée en perdant du temps sur le groupe Rebellin. Dans la partie forestière relativement abritée du vent, ils n'ont développé que 375 watts de moyenne sur les 4 derniers kilomètres. Leur puissance moyenne fut approximativement de 420 watts dans la première portion du col.

    Par comparaison, en 2006, Landis et Vila avaient terminé l'ascension beaucoup plus vite à 410 watts. De plus, ils avaient pu maintenir un rythme soutenu jusqu'à l'arrivée à Saint-Étienne sans être rejoint. Ajoutons que Landis n'était pas encore à son niveau du Tour de France.

    La performance du duo Chavanel/Kreuziger est donc inférieure à celle de 2006. Ils ont effectué une bonne ascension sans produire de valeur de puissance « hors norme ». Cunego qui a suivi Chavanel à la fin de l'ascension est encore loin de son niveau habituel du Tour d'Italie.

    Clément Lhotellerie, échappé depuis de nombreux kilomètres a escaladé à l'avant de la course le col de la Croix de Chaubouret. Il est passé en tête au sommet et a maintenu en compagnie de Carlström une puissance moyenne de 360 watts pendant 17 minutes sur la fin du col. Compte tenu de sa longue échappé matinale, la performance est du même calibre que celle du duo Chavanel/Kreuziger.

    4e étape, Montélimar - Mont Serein, 176 km

    C'est la première fois qu'une course cycliste professionnelle arrive à la station de ski du Mont Serein sur le versant Nord du Mont Ventoux. Paris-Nice a souvent fait étape dans les années 80 au Chalet Reynard sur l'autre versant. Par ce versant, la pente est moins régulière, les pourcentages peuvent être élevés (10 à 12%) mais avec des passages de récupération plus nombreux.

    LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES




    Les faits marquants :

    La puissance moyenne de Robert Gesink et de Cadel Evans a été de 425 watts pendant 40 minutes. C'est une valeur élevée pour une « course de côte » au mois de mars. Les coureurs sont arrivés relativement frais au pied du Ventoux. La dépense énergétique fut plus basse en début d'étape que lors de l'étape de Saint-Étienne.

    Le début d'ascension a été effectué à un rythme très soutenu. Les équipiers de Silence-Lotto, Gerolsteiner et Rabobank ont mené chacun leur tour sur un rythme soutenu de 470 watts pendant 12 minutes. Le maillot jaune Chavanel a été une première fois à la limite de la rupture dans des pourcentages avoisinant les 9%.

    Dans la partie intermédiaire du col, à 6% de moyenne, le groupe des favoris a marqué un temps de répit avec une puissance moyenne de 415 watts pendant 12 minutes. Des coureurs comme Moreau ont pu revenir et Chavanel a pu reprendre sa place dans les premières positions du groupe.

    Après le belvédère situé à 980m d'altitude, de longues lignes droites à 10% attendaient les coureurs de ce Paris-Nice. Le jeune Hollandais de 21 ans, Robert Gesink montra alors ses aptitudes de grimpeur. Seul Cadel Evans pu tenir sa roue jusqu'au sommet.

    Gesink n'a pas produit une brutale accélération à l'image de Contador ou de Rasmussen lors du dernier Tour de France. La puissance moyenne de Gesink et d'Evans est en fait restée dans des limites raisonnables à 410 watts pour les cinq derniers kilomètres. En parallèle, de nombreux coureurs ont fléchi physiquement après 25 minutes de montée. Cela semble logique, en début de saison peu de coureurs ont gravi en compétition des cols aussi longs.

    Après un bon début d'ascension, Chavanel va concéder plus de 3 minutes en 5 kilomètres et développer moins de 340 watts sur la fin du col. Il y avait cinq kilomètres de trop de montée pour le Français et probablement une récupération incomplète de l'étape de Saint-Etienne disputée la veille.

    7e étape, Nice-Nice, 119 km

    Le col d'Eze, final classique de Paris-Nice (étape en ligne ou contre la montre), a été raccourci cette année. Avec quatre kilomètres d'ascension, nous étions plus dans le registre des longues côtes. Les coureurs prenaient en fait une route à droite avant Villefranche-sur-Mer au lieu de descendre jusqu'à Nice au niveau de la mer. Le vent fort ne nous a pas permis d'évaluer la puissance. Nous indiquerons uniquement des temps de montée.

    LES TEMPS ENREGISTRES




    A retenir :

    La performance de Gesink et d'Evans au Mont Serein. Avec 425 watts, elle est de taille, sans toutefois atteindre l'exploit de Contador sur le Col d'Eze l'année dernière : 500 watts pendant 16min40s. La performance athlétique est inférieure à ce que nous mesurons régulièrement pour ce type d'étape dans les Grands Tours ces dernières années. Le jeune Hollandais de 21 ans Gesink a montré un potentiel de grimpeur assez étonnant pour son âge dans la lignée d'Andy Schleck (Tour d'Italie 2007) ou de Thomas Dekker (Tour de Romandie 2007).

    Il y a quelques signes encourageants comme les baisses de puissance pour tous les coureurs en fin des cols de la Croix de Chaubouret et du Ventoux. On retrouve une certaine logique. Il n'y a pas d'attaques tranchantes dans les longues montées.

    De plus, Rebellin n'a pas gagné Paris-Nice uniquement grâce à sa forme physique. Il sait frotter dans les étapes de plaines ventées. Il ne fait pas parti des meilleurs grimpeurs et a « limité la casse » dans le Mont Serein. Son expérience du parcours, son sens tactique, ses aptitudes de descendeur lui ont permis de remporter le classement général.

    Le Paris-Nice 2008 a révélé des jeunes coureurs Français comme Clément Lhotellerie (meilleur grimpeur et 11e au général) ou Pierre Rolland (3e à Saint Etienne, 9e au Mont Serein avec 405 watts de moyenne, 5e à Sisteron et 13e au classement final). Cependant, pour un âge similaire, leur manque de puissance au seuil est déjà conséquent par rapport au Hollandais Gesink sur la montée du Ventoux.

    Ces dernières années ont été marquées par des fortes puissances développées dans les cols des grands Tour et par des variations brutales de potentiel physique en cours d'année.
    Lance Armstrong, lui même, mis à part lors de quelques contre la montre, a rarement développé des puissances « hors normes » dans les cols avant le mois de juillet.
    Pour avoir une idée plus précise des puissances au seuil en montagne et d'un éventuel renouveau, il faudra patienter jusqu'au Tour d'Italie. Les côtes des classiques Ardennaises nous révélerons aussi les puissances maximales aérobie (effort de cinq à six minutes) des meilleurs coureurs professionnels en 2008.

    (*)Encart technique
    Etalon de 78 kg avec vélo
    Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.


      Liens Relatifs
  • En savoir plus à propos de Cyclismag
  • Article de Nicolas

    Les dernières nouvelles à propos de Cyclismag :


  •  

    Imprimer cet article

    Envoyer cet article



               

    Cyclismag est le magazine de tous les cyclismes. Indépendant et critique, ce magazine cherche à prendre une distance vis-à-vis de l’actualité brûlante, et privilégie l’analyse ou les interviews, les éclairages techniques et historiques du cyclisme. Chaque jour, des infos et une enquête. Deux fois par mois, un magazine avec des interviews et des dossiers. En 2005, Cyclismag est parrainé par des personnalités du cyclisme: Magali Le Floc'h, David Moncoutié et Kilian Patour, trois témoins de leur époque qui reflètent la diversité et les contrastes du vélo. Cyclismag, c’est le magazine d'actualité du cyclisme à visage humain.

    © Cyclismag.net - © Cyclismag.com - Informations légales Design by Mickaël Fuseau-Barbarin | M-creation.net